Léon Morin, prêtre

Léon Morin, prêtre - Poster France

Réalisé par : Jean-Pierre Melville

Scénariste : Jean-Pierre Melville, Béatrix Beck

Avec Jean-Paul Belmondo, Emmanuelle Riva, Howard Vernon, Irène Tunc

Date de sortie cinéma : vendredi 15 septembre 1961

Genre : Fiction

Durée : 2 h 10 min

Année de production : 1961

Synopsis :

Durant l'occupation, dans une ville de province, la jeune veuve de guerre d'un juif communiste, mère d'une fillette, défie un prêtre sur le terrain de la religion. Certaine de sa rhétorique, les réponses du prêtre la déconcertent pourtant. Peu à peu, elle perd pied. Chaque nouvelle rencontre avec ce prêtre la rapprochera de la conversion. Sa résistance cédera devant le travail de la grâce. Une amie lui ouvrira involontairement les yeux sur l'une des raisons de sa conversion : l'Abbé Morin est beau.

Casting

A propos :

Accueil critique

La presse accueille avec enthousiasme Léon Morin, prêtre de Jean-Pierre Melville.

L’adaptation du roman éponyme de Béatrix Beck, prix Goncourt en 1952, émerveille la critique. Selon Jean-Louis Bory de l’hebdomadaire Arts, « cette difficulté » ne pouvait qu’attirer Jean-Pierre Melville : « réaliser un film qui reste fidèle à une œuvre qu’il aime, réussir à créer un cinéma qui soit (…) intérieur ». « Ce n’était pas un film commode, ni confortable. L’entreprise était périlleuse », prévient Michel Duran du Canard Enchaîné qui félicite le réalisateur « de l’avoir tentée et probablement réussie ». Il « a senti les personnages créés par Béatrix Beck. Le miracle de la sympathie, au sens propre du terme, a joué » écrit Jean-de Baroncelli dans Le Monde. « On pouvait tout craindre de cette adaptation » note Jean Collet qui précise dans Télérama : « Belmondo en soutane, une intrigue équivoque, des situations qui relèvent du rêve éveillé, un certain ton confidentiel difficile à rendre à l’écran, un style littéraire enfin qui se passait fort bien de toute illustration ».

« Il est inhabituel, très rare même qu’un film améliore le livre dont il s’inspire » signale, dans La Croix, Jean Rochereau qui « vient d’être témoin d’une éclatante exception à cette règle (…). Et, fait plus remarquable encore, cette amélioration s’effectue dans une totale fidélité à l’esprit de l’œuvre écrite ». « Le film, en effet, se place à un niveau tel qu’il ne peut choquer personne, pas même un matérialiste, qui verra dans la conversion de Barny (…) un transfert banal de la privation d’homme dont elle souffre » précise Jeander dans Libération. Cette fidélité appelle une mise en garde : « Si l’on estime que le roman de Béatrix Beck est bon, estime Louis Chauvet pour Le Figaro, impossible de nier les mérites équivalents du film ». A contrario, « qui n’aime pas le roman n’aimera pas le film » conclut Pierre Marcabru de Combat.

« Œuvre plus sage, plus claire » que les précédentes, selon France Observateur, la critique s’intéresse à sa mise en scène. « Pour la première fois, écrit André S. Labarthe (id.), Melville (…), accuse la volonté de traiter un problème purement psychologique, en toute objectivité ». « Pas de bondieuserie, mais pas de satanisme » non plus, savoure dans France Soir une France Roche satisfaite de n’y trouver, « rien de ces manifestations de fois latines (…) qui confinent au sacrilège et rien d’attitude blasphématoire des prêtres que Luis Buñuel lance parfois à l’assaut de la religion ». « La mise en scène m’a paru excellente de sobriété et d’efficacité (…) Melville est un styliste et un remarquable créateur d’atmosphère » note avec satisfaction Marcel Martin dans Les Lettres françaises. Melville, poursuit Jacqueline Michel du Parisien libéré, « épie [les] gestes, [les] démarches, [les] regards, avec une sollicitude de tous les instants, jamais il ne souligne ». « Trop d’événements, de circonstances (…) ralentissent (…) le rythme du film, (…) enlèvent à la densité et à l’intensité du seul drame intérieur qui nous intéresse » nuance Denise de Fontfreyde pour Nouveaux Jours. « Le film, long et lent, est pourtant de ceux qui supportent mal les coupures car il s’inscrit dans un rythme monotone, certes, mais exact » répond le critique de L’Express.

« A côté de cette action psychologique, souligne Claude Garson pour L’Aurore, il y a dans Léon Morin prêtre une description assez poussée d’une petite ville de province sous l’occupation », « la guerre 1939-1945 [que le réalisateur] évoque en quelques images » (Témoignage chrétien). Ces « vues grisâtres, estompées, avec pourtant l’animation, les détails imprévus, les traits gravés de ces années là, et cette couleur si particulière, la couleur de couvre-feu de la guerre » étonnent René Cortade du Nouveau Candide. Dans Paris Presse, Michel Aubriant rend hommage à « Jean-Pierre Melville [qui] a très bien exprimé ce vague, ce vide, ce flou et cette incertitude de la guerre quotidienne vue par l’autre bout de la lorgnette, celui qui rapetisse ». En revanche, Armand Monjo, agacé, ne peut cacher sa déception : « Ici également, écrit-il dans L’Humanité, l’accumulation des notations est un mélange d’observations justes (…), de lieux communs et d’invraisemblances ». 

« Si le vrai talent d’un metteur en scène est, au premier chef, dans la direction des acteurs (…) alors Melville est un authentique metteur en scène » affirme Max Favalelli dans Les Dernières nouvelles d’Alsace. Unanime, la critique applaudit une interprétation « convaincante » (Combat) et « excellente » (Le Canard enchaîné). « Il fallait non un comédien, mais une nature pour rendre ce souci de l’authentique, ce refus du cabotinage qui caractérise la jeune génération du clergé » insiste Jean Collet pour Télérama. Cette « nature » est incarnée par Jean-Paul Belmondo, un « Gavroche 1961 (…) écrasant de vérité » selon Claude Mauriac du Figaro. Dans Le Figaro littéraire, François Mauriac s’enflamme littéralement pour « ce blouson noir, (…) ce mauvais garçon », beau et charmant, un « garçon intact (…) viril et fort, qui ne sent pas le rance, qui déborde d’amour ». La prestation d’Emmanuelle Riva est elle aussi vivement saluée. « Depuis Hiroshima mon amour nous n’avions pas eu le spectacle d’une comédienne s’identifiant ainsi totalement avec son personnage » note Les Nouvelles littéraires. « A ce talent [exceptionnel], rapporte Roger Régent  dans la Revue des deux mondes, s’ajoutent un tempérament d’actrice, une intensité dramatique − un foyer comme l’on dit dans le jargon du théâtre − dont il y a peu d’exemples ».

Source : cinematheque.fr

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